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Pour sa première édition belge l'événement "High Heels" a été organisé dans le goulet Louise ce dimanche 6 juillet. Il s'agit d'une course à pieds (100m) qui doit se disputer en hauts talons. Le concept existe déjà dans plusieurs capitales européennes où il a rencontré un certain succès.
Le prix offert était de 10.000 euro en bons d'achats. Eliminatoires, quarts de finale, demi-finales et finale se sont succédés de de 14h à 18 h, sans accident notable malgré l'une ou l'autre chute, jusqu'à ce qu'il ne reste qu'une concurrente pour réclamer le prix.
Cet événement s'inscrit dans le cadre d'une série d'autres actions (Lettres à Louise, Tango à Louise) menées par le comité Brussels Louise en vue de "renforcer l’attractivité du haut de la ville et lui rendre ses lettres de noblesse", et cela avec l'aide les subsides de la Région.
Le concept ne fait cependant pas l'unanimité, et une poignée d'opposants est venue manifester son mécontentement le jour même. Ils reprochent à l'événement d'une part de ridiculiser les femmes en renforçant les stéréotypes sexistes, d'autre part de constituer une insulte à ceux qui ne font pas les soldes par plaisir mais parce qu'ils ont un budget de plus en plus serré....
Les commerçants du goulet Louise eux-mêmes se sont divisés sur le sujet et une partie d'entre eux a refusé d'ouvrir boutique ce dimanche.
Cependant le caractère volontairement caricatural de l'événement (que souligne Carl de Moncharline) a bien été compris par plus de cent participantes de tous âges, nationalités et statuts qui se sont prêtées au jeu avec entrain, bonne humeur et second degré. Ce faisant elles se sont aussi réapproprié ces fameux symboles sexistes en montrant qu' en haut talons une femme peut courir aussi vite qu'un homme en baskets.
La vraie question est finalement celle-ci: l'objectif du comité Brussels Louise est-il atteint ? En ce qui concerne la redynamisation, c'est certain: sans cet événement, il y aurait eu nettement moins de monde dans cette partie du haut de la ville. Quant à savoir si le concept contribue à restaurer le goulet Louise dans son image de luxe, la réponse est moins sûre : il ne draîne pas vraiment le public ciblé par un commerce exclusif. L'ambiance était plutôt celle d'une discothèque ibicenca et l'after-party était jonchée des débris de la fête. Rien qui prédispose à un achat chez Cartier ou chez Holemans (mais, c'est vrai, ils ont déjà quitté le goulet ... )
Si l'on veut que l'avenue Louise retrouve son cachet d'exclusivité , il faudrait aller plus loin :
1- Apporter une touche plus exclusive aux événements organisés;
2 - Refuser catégoriquement le piétonnier -"proposé" par Pascal Smet - dont ON SAIT qu'il engendre systématiquement un appauvrissement du commerce et une augmentation de la criminalité (le piétonnier, pas Pascal Smet, ... quoique ...).
3 - Désinteresser les promoteurs immobiliers qui envisagent - encore - la disparition de plusieurs anciennes maisons de maître pour installer des temples de la consommation industrielle;
Tout un programme pour éviter que le goulet Louise ne devienne une seconde chaussée d'Ixelles ou une seconde rue Neuve coincée entre deux fast-food.
www.brusselslouise.be/
www.higheels.be
Cemab et collectif Sold'@
Texte : Pierre Delcroix
Images : Gabriel Witt
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