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C'est dans les salons de Fashionline que je reçois Nattapol Saechiw, le jeune styliste fraîchement diplômé de la Haute Ecole Franciscro Ferrer auquel la rédaction Fashionline a décidé d'attribuer son prix révélation 2010.
Nattapol Saechiw a passé les 16 premières années de sa vie en Thaïlande, son pays natal, avant de rejoindre ses parents à Bruxelles pour y terminer ses études. Si, tout enfant, il dessinait déjà des vêtements, Nattapol oubliera d'autant plus vite ces jeux que, dans le pays où il grandit, ce qui touche à la mode et à l'habillement est destiné aux femmes.
Le souvenir des ces passions enfantines lui reviendra - à point nommé alors qu'il s'interroge sur son avenir - lorsqu'une amie bruxelloise lui rappellera que le stylisme-modélisme est un véritable métier précédé de véritables études.Nattapol Saechiw ne considère pas le vêtement dans son aspect pratique mais dans son aspect artistique avant tout. Selon lui, « porter tel ou tel vêtement est avant tout un moyen d'expression » A-t-il des idoles dans le milieu de la mode ? « Je ne suis pas quelqu’un qui aime facilement quelque chose et qui va s'inspirer du travail des autres. » Cependant, il cite Givenchy et Lanvin comme étant « les labels les plus intéressants pour le moment ».
Mais quelles sont donc ses influences ? « Quand j'aime quelque chose, je peux aller plus loin mais ça n'arrive pas souvent. Je m'inspire de ce qui m'entoure et des sentiments que cela génère chez moi. Ce que j'ai vécu se retrouve dans mes créations. »
Ce jeune styliste prometteur nous en apprend davantage sur ses inspirations lorsqu'il s'agit de nous présenter sa collection de fin d'études qui lui vaut d'être notre révélation Fashionline : « ma collection est basée sur les cartes Tarot dont j'ai choisi 4 éléments qui ressortent et se mélangent et rappellent plus la vie que les autres: amour, succès, chute, mort. Il y a une réflexion sur chaque élément. Par exemple l'amour peut être positif mais peut aussi entraîner la folie. Le succès est exaltant mais peut ne pas durer, etc. »
Alors là, je m’interroge. Comment peut-on traduire cela sur des vêtements ? Il me l'explique au travers de sa silhouette « arbre » : la mort y a été représentée sous forme de motifs rectangulaires cousus sur le vêtement et un seul arbre est peint, finalement composé de dizaines de facettes. L'arbre représente la personne faite de moments et d'actions superposés. La mort est ici un résumé de la vie de quelqu'un, c'est ce qu'il laisse derrière, visible par les autres, et rien ne peut être emporté. Ses explications laissent évidemment transparaître une influence bouddhiste.
Nattapol Saechiw : un nom peut-être compliqué pour un occidental, certes, mais un nom à retenir !
Nattapol Saechiw
Interview et texte : Etienne Latour - Marine Gustin
Photo défilé :
Shooting:
photographe : Mathieu Rouxhet
modèles: Sandra Ajayi, Benjamin Gabriel, Aline Kunyu Nzangato, Nattapol Saechiw
Maquilleur : Noel Inocencio
Coiffeur : Vincent Dekock
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