TOKYO FASHION WEEK
ENTRE CERISIER ET KIMONO
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Mars : au Japon les cerisiers sont en fleurs. Pendant cette période familles et amis se rassemblent en nombre pour pique-niquer et admirer ces fragiles inflorescences. Cette floraison printanière n’est pas le seul événement dont on parle à Tokyo. Plus de 40 créateurs font défiler leur collection durant la semaine de la mode de cette fin de mois de mars.

La vibrante capitale Nippone confirme son importante position dans le monde de la mode. Pendant quelques jours, les quartiers branchés de Roppongi et Harajuku sont les principaux centres de présentation des tendances automne-hiver 2009-2010.

Lors du projet "Shinmao" qui signifie "Jeune Riz", cinq jeunes talents internationaux ont l'occasion de montrer leurs créations sur podium. Le travail de Sachio Kawasaki et Shida Tatsuya du Japon, Nima d'Iran, Aéthéré(e) de France ainsi que Donna Sgro d'Australie est introduit par un des clichés Japonais: un robot dicte quelques mots avant de laisser la place à des mannequins de chair et d'os. Outre cette peu commune phrase de lancement, le spectacle offert par ces "jeunes pousses" est principalement marqué par la présentation de Shida Tatsuya qui a élaboré des robes volumineuses en éclatante fourrure synthétique accessoirisées par des grelots de la taille du poing.

Un des ces autres clichés, est le très attendu défilé de Jotaro Saito, un maître dans l'art du Kimono.
Dans une salle comble se pressent des élégantes arborant ce traditionnel vêtement. Sur de la musique électro, des demoiselles en kimono ceinturé par un obi prennent des poses alanguies. Un défilé, dont la clientèle exclusivement japonaise, montre combien ce pays cultive et conserve sa propre identité.

Les autres collections dont le marché cible dépasse les frontières de l'Empire du Soleil Levant mettent en évidence un hiver 2010 qui sera vraisemblablement noir et blanc. Ces deux non-couleurs impriment les longues robes d'Araisara de motifs géométriques. Toujours noir et blanc pour Lep Luss, Heath et les Garçons Shinois. Et du noir, et du tartan bordeau pour Agura Sagimori et ses ultra-courtes combinaisons et ses robes amples aux décolletés vertigineux.

Les palettes de tons est plus diverses, mais l'humeur est sombre dans les présentations aux influences punk-rock de Lessthan* et de Hisui. De grands pulls violet à l'encolure large découvrent une épaule des garçons de Lessthan* et des courtes jupes fendues sur le devant jusqu’en haut de la cuisse pour les filles de Hisui.

Les mannequins de Mint Designs coiffés de couronnes d'épines arpentent le parking de la Tour de Tokyo (Pseudo copie rouge et blanche de la Tour Eiffel). Elles portent des bottines plates vermillonnes, des pantalons de cavalier violets et des manteaux aux géométriques impressions grises.

Le blanc, le noir et l’orange se succèdent sur des mannequins portant de courtes robes aux manches longues et au col montant de Yukiko Hanai.

Un orange que l'on retrouve chez Reem. Dans un des porches d’entrée du Stade National de Tokyo, elle nous fait découvrir une collection toute en couleur. Selon ses mots, c’est une charade frivole qui joue avec les disproportions de formes. Les soies lourdes se mélangent aux légers cotons orange dorés, bleus argentés et bruns profonds pour nous donner une joyeuse interprétation de la femme des années 30.

Pour Hideaki Sakaguchi l’hiver prochain se décline dans les tons beiges. Des couleurs passées parent les amples jupes et jupons partant de sous la poitrine. Tabliers, manteaux larges, carrés de lin en guise de coiffe et cuissardes en daim complètent les silhouettes.

Everlasting Sprout nous montre sa vision de l'automne-hiver prochain au sein de la plus célèbre école de stylisme japonaise, à savoir le Bunka Fashion Institute. Ecole d’où sont issus Kenzo, Junya Watanabe et Yohji Yamamoto. Une collection expérimentale déambule entre des vieux abat-jours et des bouquets de fleurs séchées. Les robes aux motifs de papier peints ont les mêmes formes rigides que les éléments du décor.

Les trois défilés de fermeture se tiennent des les salles exiguës du Claska, une boutique hotel de luxe. Deux des shows ont des relents belges. Mikio Sakabe, diplôme de l’Académie d’Anvers, travaille avec la taiwanaise Shueh Jen-Fang, diplômée de la Cambre. Le spectacle se déroule aux lueurs des chandelles, les amples jupes plissées vertes pastel, se portent au dessus des jeans. Des petites vestes toutes en rondeurs surmontent les silhouettes.

Le second défilé est celui d'Akira Naka, diplôme de l’Academie d’Anvers. Les vêtements suivent les tons de saison, noir et blanc. Les coupes sont parfaites et les capes de tricot s’ajustent avec sensualité au buste des modèles.

La soirée est clôturée par le défilé tout en fraîcheur de Writtenafterwards. Les tenues théâtrales sont conçues à base de papier et d’aluminium. Les modèles arborent des roses démesurées, des éléphants et des girafes sculptées avec des feuilles d’aluminium. Pour les deux créateurs de ce label, les vêtements couvrent le corps et les cœurs des hommes. Une collection touchante dont la sensibilité empreinte de candeur va droit au cœur du spectateur que je suis.

Texte et photos :





 
Sachio Kawasaki
Shida Tasuya
Jotaro Saito
Araisara
Araisara
Akira Naka
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